Photographie expérimentale
A l’origine des photos présentées dans cette section, il y a eu des projets. Il y a toujours un projet qui traine en tête, une interrogation dont l’extravagance vaut la peine qu’on s’y attarde. Exemples : de quelle matière une rêverie est-elle faite ? Comment retracer une montée d’angoisse ? Existe-t-il des géométries parlantes ? Est-il possible que le concret enserre de l’abstrait ?
Quand un projet est mûr, c’est-à-dire parfaitement imaginable, le photographe veut en tirer des images. L’imagination technique entre en piste et sa mission est d’être à la hauteur de l’enjeu. Elle consiste à concevoir un modus operandi spécifique, le plus souvent unique, dans lequel le bricolage, les artifices, les essais, les réglages vont avoir la plus grande part. Qu’on se le dise : la photographie expérimentale est énergivore et chronophage.
Si un résultat est probant, l’auteur expose. Son imaginaire est confronté à celui du public. Le consensus est rare, mais, par bonheur, il arrive qu’il s’impose comme une évidence.